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Les reconstructions

La reconstruction à l'identique de la Barque ailée et de l'Albatros de Jean-Marie Le Bris a été conduite par
l'association " La barque ailée Jean-Marie Le Bris " en 2002 et 2003, avec comme partenaires principaux
l'école supérieure du Bois à Nantes ,la Société Diatex de Lyon, le lycée Jean Moulin de Plouhinec,
le lycée Thépaut de Quimper. C'est une expérience d'archéologie expérimentale unique dans le monde de l'aéronautique.
Chacun d'entre-nous peu être fier du chemin parcouru avec un respect particulier pour le travail de recherche historique,
d'analyse et de compréhension totalement inédit, menés par nos ingénieurs.
" Quelle que soit la chose que vous devez faire, ou que vous rêvez de faire, faites-là. L'audace a du génie,
de la puissance et de la magie ".
Depuis le début de son aventure notre association a fait sienne cette citation de l'écrivain allemand
Johann Wolfgang von Goethe. Le rêve d'abord quand au cours de l'été 2000, Louis Féchant, Guy Lacan et moi-même,
admiratifs des exploits du Capitaine Jean-Marie Le Bris, avons décidés de reconstruire à l'identique les deux
aéronefs du marin breton : la barque ailée à bord de laquelle le Bris s'envola en 1856 au-dessus de la plage de Tréfeuntec en Plonévez-Porzay, puis l'Albatros construit et testé par lui à Brest en 1868, avec l'aide de la Marine Impériale.
La barque ailée tout d'abord avec comme point de départ le brevet déposé par le pionnier suite à son exploit en 1857. Pour la première fois, ce brevet jusque là jugé obscur, se révèle sous les yeux des ingénieurs, clair, logique intelligent. Guy Lacan ancien élève de l'école polytechnique et très averti des choses aériennes et nautiques, met à jour le génie inventif du marin. Il en dresse des plans remarquables, avec l'aide ponctuelle de l'aérodynamicien Georges Gazuit.
Une analyse et une compréhension étayée par l'enquête méticuleuse et inédite sur la vie du capitaine au cabotage conduite par l'ingénieur de recherche Louis Féchant. Dans le sillage des historiens Gabriel de la Landelle, Yves Peslin, biographe de Le Bris, Gaston Decoop et Michel Mazéas, une avancée majeure dans la connaissance de l'œuvre du pionnier.
Selon les prescriptions de Guy Lacan, relayées par l'association, le travail de reconstruction de l'aéronef peut ensuite commencer à l'école supérieure du bois à Nantes où six élèves ont accepté de relever le défi . Il s'agit de Raphaël Marquot, Nicolas Panheleux, Gaëlle Jeambel, Emilie Eraud, Sami Mrad, Vincent Pape.
" La qualité d'un ingénieur, observait Arnaud Godevin, Directeur des études de cette école d'élite, passe entre
autres par son aptitude à s'adapter, à prendre des initiatives et à aller au terme de ses engagements. Les vertus
pédagogiques de ce projet sont indéniables : apprentissage de techniques, gestion du temps et du matériau.
Espérons que nos étudiants saurant ainsi se tourner vers le passé pour mieux concevoir l'avenir.
Bon vent à la barque ailée ".
Le chantier commence en novembre 2001, s'appuyant sur les plans détaillés fournis par Guy Lacan.
Au terme d'environ 7000 heures de travail, partagées notamment avec Pascal et Stéphanie Conchon de la
Société Diatex de Lyon pour l'entoilage de l'appareil et une classe du lycée Jean Moulin de Plouhinec
pour les pièces métalliques, la barque ailée est parée. Elle sera dévoilée en juillet 2002 aux Fêtes maritimes
de Douarnenez, devant une foule émue.
L'aéronef de l'exploit de 1856, est depuis juin 2003, exposé au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget,
première dans la ligne de vol des précurseurs.
" Jean-Marie Le Bris notait le général Alban, directeur du musée, compte comme un des pionniers de l'aviation
pratique et illustre près d'un demi siècle plus avant le vol des Wright, les recherches menées en France dans ce domaine ". Une reconnaissance absolue que vient conforter le 15 novembre suivant, la remise de la coupe Jean-Marie Le Bris à l'association. Ce prix est attribué depuis une quinzaine d'année par la commission historique de la Fédération française de vol à voile, présidée par Jacques Le Rat, pour récompenser la restauration où la construction d'une réplique d'un planeur datent d'au moins trente ans.
L'observation attentive des cinq photographies de l'Albatros prises à la mi-février 1868, l'analyse du texte
précieux de Gabriel de la Landelle paru dans l'électeur du Finistère seront déterminantes aux ingénieurs
pour la compréhension du système de manœuvre de l'appareil. Mais il y a surtout la lettre écrite par
Jean-Marie Le Bris et publiée dans le journal l'Océan en 1867. Dans ce texte découvert par Louis Féchant
dans la bibliothèque de Landévennec, Le Bris, précise :
" L'oiseau aura la forme d'un albatros, dans toutes ses proportions, sauf la queue qui sera plus longue ".
La forme, mais pas l'anatomie ajoute Guy Lacan. L'aile ne sera plus articulée comme celle du premier appareil.
Elle sera fixe, beaucoup plus simple à construire. Une simple toile maintenue par des lattes cambrées et flexibles
fixées sur un grand longeron que Gabriel de la Landelle appellera, la Grande nervure. L'écrivain et officier
de Marine brestois, précisaient aussi que le système de manœuvre de l'oiseau comportait 72 poulies.
Elle seront présentes dans les plans d'une extrême précision, fruit de la compréhension du fonctionnement
de l'aéronef, que Guy Lacan remettra en novembre 2002, à deux élèves ingénieurs du bois, Xavier Lacroix
et Gaétan Crouzillac, décidés à suivre le sillage de leurs aînés.
Là encore, avec un engagement exemplaire, les élèves ingénieurs, les mécaniciens et manœuvriers, Anne-Marie L'Helguen,
notre couturière, Pascal Conchon, Vital Gilbert, mon second, ainsi que Paul Divanac'h, qui a mis sur pellicule
cette aventure, sont allés au bout de leur talent. Un challenge rendu possible grâce au soutien de la ville
de Douarnenez, du Conseil général, de la Région Bretagne, du Ministère de la Culture, et de nombreux autres
partenaires. La durée du chantier de l'Albatros avoisinera lui aussi les 7000 heures.
Il aura permis à des hommes et des femmes nullement appelés à se rencontrer à faire partie d'un même équipage
et à démontrer si besoin est que de tels projets impliquent des compétences diverses. Que chacun est important.
Noël Le Hénaff, Président de l'Association " La Barque Ailée"
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